Yaoundé : Camwater démantèle un réseau d'eau clandestin à Mballa II
UserMedia
12 juin 2026 à 10h00

La Camwater démantèle un réseau clandestin d'eau potable à Mballa II, Yaoundé. Deux villas et trois appartements alimentés illégalement. Les suspects convoqués pour régularisation.
Il y a des vols qui ne font pas de bruit. Pas de vitrine brisée, pas d'alarme qui retentit dans la nuit. Juste un tuyau discret, enfoui sous terre, qui détourne silencieusement une ressource vitale au détriment de milliers d'usagers honnêtes. C'est précisément ce type de fraude que la Camwater vient de mettre à nu, le 12 juin 2026, dans le quartier résidentiel de Mballa II, au cœur de Yaoundé.
L'opération, menée conjointement par la Division Régionale Yaoundé Agglomération et la redoutée Brigade de Lutte contre la Fraude, a permis de démonter un dispositif clandestin d'une ampleur significative, directement branché sur le réseau public de distribution d'eau potable.
Cinq logements alimentés illégalement : le dispositif dévoilé
Sur le terrain, les agents de la Camwater ont découvert un montage illégal soigneusement mis en place. Des branchements pirates, raccordés directement aux canalisations de l'entreprise publique, acheminaient de l'eau potable vers deux villas et trois appartements sans compteur, sans contrat, sans le moindre centime versé à l'opérateur.
Le mécanisme est bien connu des spécialistes de la fraude hydraulique : un particulier, ou un intermédiaire, réalise ou fait réaliser une connexion non autorisée sur une conduite principale. Il revend ensuite l'accès à l'eau à plusieurs occupants, empochant le bénéfice au passage, pendant que la Camwater et in fine les abonnés légaux absorbent les pertes.
Dans le cas de Mballa II, cinq logements profitaient de cette manne illicite. Cinq foyers consommant une eau pour laquelle ils ne s'acquittaient d'aucune redevance officielle.
Démantèlement total et convocations en cascade
L'intervention n'a laissé aucune place à la demi-mesure. L'intégralité des installations frauduleuses a été démantelée sur place. Tuyaux, raccords, vannes clandestines : tout le dispositif illégal a été neutralisé.
Dans la foulée, les personnes présumées impliquées ont reçu une convocation officielle pour répondre de leurs actes devant les autorités compétentes. Des procédures de régularisation sont également prévues par la réglementation en vigueur une voie légale permettant, sous conditions, de sortir de l'illégalité et d'intégrer le réseau officiel de distribution.
Vol d'eau : une infraction pénale aux lourdes conséquences
La Camwater tient à le rappeler avec fermeté : le vol d'eau et les branchements illicites ne sont pas de simples infractions administratives. Ils constituent des délits pénaux passibles de poursuites judiciaires, avec des sanctions pouvant inclure des amendes substantielles, voire des peines d’emprisonnement selon la gravité des faits établis.
Au-delà de la dimension juridique, les conséquences pratiques de ces fraudes sont multiples et touchent l'ensemble des usagers :
• Des pertes financières colossales pour l'opérateur, qui fournit de l'eau sans en percevoir le paiement, compromettant ainsi sa capacité à maintenir et moderniser les infrastructures.
• Une fragilisation du réseau de distribution : des branchements pirates mal réalisés peuvent provoquer des chutes de pression, des contaminations ou des ruptures de canalisations, affectant des quartiers entiers.
• Un accès à l'eau perturbé pour les abonnés réguliers, qui voient leur pression diminuer ou subissent des coupures directement imputables à ces prélèvements non autorisés.
Camwater à l'offensive : la lutte contre la fraude s'intensifie
Cette opération de Mballa II n'est pas un événement isolé. Elle s'inscrit dans une stratégie nationale plus large engagée par la Camwater pour protéger le patrimoine hydraulique camerounais et assainir son réseau de distribution. Après une vaste campagne de recouvrement lancée fin mai 2026, l'entreprise publique accélère désormais ses actions sur le terrain.
La Brigade de Lutte contre la Fraude, bras armé de cette politique, multiplie les contrôles dans les quartiers de Yaoundé et des autres grandes villes du pays. L'objectif est double : dissuader les fraudeurs potentiels par la visibilité des interventions, et récupérer les recettes perdues qui permettraient d'améliorer la qualité du service rendu aux abonnés légitimes.
Un enjeu de souveraineté sur une ressource vitale
L'eau potable n'est pas une marchandise ordinaire. Au Cameroun comme ailleurs, son accès conditionne la santé publique, la dignité des ménages et le développement économique des territoires. Lorsque des réseaux clandestins prolifèrent, c'est tout l'édifice de la gestion équitable de cette ressource qui se lézarde.
En reprenant le contrôle de ses infrastructures à Mballa II, la Camwater envoie un message qui dépasse largement le seul quartier concerné : l'eau est un bien commun, et son accès ne saurait se négocier dans l'ombre des raccordements pirates.
Les résidents qui souhaitent bénéficier d'un branchement légal sont invités à se rapprocher des agences Camwater de leur secteur pour entamer les démarches officielles la seule voie garantissant un accès durable, sécurisé et légal à l'eau potable.



