Cameroun : la réforme du secteur minier artisanal s'accélère
UserMedia
30 juin 2026 à 13h42

Le Cameroun intensifie la restructuration de son secteur minier artisanal semi-mécanisé. Les entreprises adhèrent aux nouvelles exigences de production, de fiscalité, d'environnement et d'innovation technologique.
Le Cameroun franchit une nouvelle étape dans la modernisation de son secteur minier. Engagé dans une vaste opération de restructuration de l'exploitation minière artisanale semi-mécanisée, le gouvernement enregistre déjà des résultats encourageants sur le terrain. Trois jours seulement après le lancement de la mission conduite par le ministre des Mines, de l'Industrie et du Développement technologique par intérim, les premiers indicateurs témoignent d'une forte adhésion des acteurs du secteur aux nouvelles orientations définies par les pouvoirs publics.
L'objectif poursuivi est clair : assainir l'exploitation minière, améliorer la traçabilité de la production aurifère, renforcer les recettes de l'État et garantir une exploitation plus respectueuse de l'environnement et des populations locales.
Une adhésion massive des entreprises minières
Selon les responsables du ministère en charge des Mines, près de 95 % des entreprises inspectées lors de cette opération se sont déclarées favorables à la signature d'engagements portant sur un seuil minimal de production. Cette mesure constitue l'un des piliers de la réforme en cours.
Le principe est simple : chaque entreprise devra désormais déclarer une production minimale calculée en fonction des équipements installés sur son site d'exploitation, notamment le nombre de bols utilisés pour le traitement de l'or.
Cette nouvelle approche vise à lutter contre la sous-déclaration de la production et à améliorer la transparence dans un secteur stratégique pour l'économie nationale.
ZINARI SARL ouvre la voie à Batouri
Parmi les entreprises ayant répondu favorablement aux nouvelles exigences gouvernementales figure ZINARI SARL, société active dans l'exploitation aurifère dans l'arrondissement de Kette, dans la région de l'Est.
Disposant d'une dizaine de bols sur son site de production, l'entreprise s'est engagée à déclarer une production minimale de cinq kilogrammes d'or chaque mois. Cet engagement a été officiellement signé à Batouri en présence des autorités administratives, des représentants des communautés locales et des différentes forces vives de la région.
Pour les autorités, cette démarche constitue un signal fort qui pourrait encourager d'autres opérateurs à se conformer rapidement aux nouvelles dispositions réglementaires.
Une restructuration appelée à se poursuivre
Lors des échanges organisés avec les élites locales et les exploitants miniers de Batouri, le ministre des Mines a réaffirmé la détermination du gouvernement à poursuivre la restructuration du secteur.
Selon lui, le Cameroun avance progressivement vers le développement d'une véritable industrie minière moderne capable de contribuer davantage à la croissance économique nationale. Dans cette perspective, les opérations de contrôle et de mise en conformité vont se poursuivre sur l'ensemble du territoire.
Les autorités ont notamment identifié 175 sites d'exploitation illégaux qui devront être régularisés ou fermés conformément aux dispositions du Code minier en vigueur.
Cette démarche s'inscrit dans une stratégie globale visant à mieux encadrer les activités extractives et à renforcer la gouvernance du secteur.
Le site de Kambele rétrocédé aux populations locales
L'une des annonces marquantes de cette mission concerne le permis minier de Kambele. Les autorités ont indiqué que ce site est désormais remis aux populations riveraines autochtones, conformément aux orientations définies par le chef de l'État.
Cette décision ouvre de nouvelles perspectives pour les communautés locales qui pourront s'organiser afin de solliciter une autorisation d'exploitation semi-mécanisée dans le respect des textes réglementaires.
L'objectif est de permettre aux populations concernées de tirer un meilleur profit des ressources présentes sur leur territoire tout en garantissant une exploitation responsable et durable.
Pour les habitants de la zone, cette mesure représente une opportunité économique importante susceptible de générer des emplois et de renforcer les revenus locaux.



