Bamenda : 200 kg de cannabis saisis, un chef d'agence arrêté
UserMedia
30 juin 2026 à 13h41

La gendarmerie du Nord-Ouest saisit 200 kg de chanvre indien à Bamenda. Le chef d'une agence de transport interpellé. Une enquête ouverte pour démanteler le réseau.
Dans la ville de Bamenda, chef-lieu de la région du Nord-Ouest camerounais, les forces de l'ordre viennent de porter un coup sévère aux circuits clandestins du trafic de stupéfiants. Les éléments de la Gendarmerie du Nord-Ouest ont mené une opération éclair particulièrement fructueuse au sein de l'Agence de transport Oasis, située dans le populeux quartier de Nkwen.
Le bilan est lourd pour les trafiquants : plus de 200 kilogrammes de chanvre indien ont été mis hors circuit, interceptés avant même d'avoir pu quitter la ville.
Au cœur du coup de filet : une cargaison prête à l'envoi
Ce n'est pas une simple découverte fortuite. Les gendarmes ont mis la main sur trois sacs bourrés de cannabis, soigneusement conditionnés et fin prêts à prendre la route. La destination finale ? Yaoundé, capitale politique du Cameroun, où cette marchandise illicite devait alimenter un marché noir florissant.
Le timing de l'interception est révélateur : la cargaison était en phase terminale de préparation. Quelques heures de plus, et ces 200 kilogrammes de drogue se seraient évanouis dans la nature, engloutis dans le flux des bus interurbains qui relient quotidiennement le Nord-Ouest à la capitale.
Le patron de l'agence dans le collimateur de la justice
L'aspect le plus marquant de cette opération reste sans doute l'arrestation du chef de l'Agence Oasis. Interpellé pour exploitation, il est soupçonné d'avoir facilité, voire organisé, l'utilisation des infrastructures de son entreprise de transport comme plateforme de transit pour les stupéfiants.
Cette arrestation soulève une question centrale : dans quelle mesure les réseaux de transport interurbain sont-ils infiltrés par les circuits de la drogue au Cameroun ? La réponse appartient désormais aux enquêteurs, mais le signal est clair personne n'est au-dessus des soupçons, pas même un chef d'entreprise en apparence respectable.
Une enquête ouverte pour remonter toute la chaîne
La saisie de drogue et l'arrestation de son responsable présumé ne constituent qu'une première étape. Pour démanteler l'intégralité du réseau qui se cachait derrière cette cargaison, le Bureau de Lutte contre la Grande Criminalité de la Légion de Gendarmerie du Nord-Ouest a ouvert une enquête approfondie.
L'objectif est ambitieux mais nécessaire : identifier tous les maillons de la chaîne, des fournisseurs aux revendeurs, en passant par les intermédiaires logistiques. Car 200 kilogrammes de chanvre indien ne se conditionnent pas et ne se transportent pas sans une organisation structurée, des complicités multiples et des ressources financières significatives.
Le Nord-Ouest, zone de transit sous surveillance renforcée
Cette opération s'inscrit dans un contexte sécuritaire particulier. La région du Nord-Ouest camerounais, traversée par des tensions persistantes depuis plusieurs années, fait l'objet d'une vigilance accrue de la part des forces de l'ordre. Les trafiquants ont longtemps tenté d'exploiter l'instabilité ambiante pour développer leurs activités en toute discrétion.
La réussite de cette opération démontre que les services de gendarmerie maintiennent leur capacité opérationnelle et leur détermination à lutter contre toutes les formes de criminalité organisée, y compris le trafic de stupéfiants, qui prospère souvent à l'ombre des conflits.
Un fléau national aux ramifications profondes
Le trafic de chanvre indien n'est pas un phénomène isolé au Cameroun. Cultivé dans plusieurs régions du pays, le cannabis alimente des flux commerciaux clandestins qui irriguent les grandes métropoles. Yaoundé et Douala constituent des marchés de destination privilégiés, desservis par des réseaux qui utilisent tous les moyens disponibles : véhicules de transport en commun, fret routier, parfois même des particuliers recrutés comme passeurs à leur insu.
Face à cette réalité, les autorités multiplient les coups de filet. La saisie de Nkwen vient s'ajouter à une longue liste d'opérations similaires menées aux quatre coins du territoire, signe que l'État intensifie sa pression sur ces organisations criminelles.



