Crédit bancaire en Cemac : le Cameroun reste leader malgré un recul
UserMedia
30 juin 2026 à 13h42

Au premier trimestre 2026, le Cameroun conserve sa place de leader du crédit bancaire en Cemac avec plus de 53 % des financements accordés dans la sous-région, malgré une baisse de 28,24 % des prêts et une hausse des taux d'intérêt.
Le Cameroun confirme son statut de locomotive du marché du crédit en Afrique centrale. Malgré une baisse significative des financements accordés au cours du premier trimestre 2026, le pays demeure le principal moteur de l'activité bancaire dans la Communauté économique et monétaire de l'Afrique centrale (Cemac).
Selon les données publiées par la Banque des États de l'Afrique centrale (BEAC) dans son rapport consacré à l'évolution des taux débiteurs dans la sous-région, les établissements de crédit opérant au Cameroun ont accordé 1 337,3 milliards de FCFA de nouveaux prêts entre janvier et mars 2026. Ce volume est toutefois en net recul par rapport aux 1 887 milliards de FCFA enregistrés à la même période en 2025, soit une contraction de 28,24 % sur un an.
Malgré cette baisse, le Cameroun continue de dominer largement le marché du crédit de la Cemac. Les financements accordés dans le pays représentent à eux seuls 53,3 % de l'ensemble des nouveaux crédits distribués dans la communauté durant les trois premiers mois de l'année. Une performance qui souligne le poids économique du pays dans la sous-région.
Les banques commerciales demeurent les principaux acteurs de cette dynamique. Elles concentrent plus de 99 % des nouveaux concours financiers accordés au cours de la période observée, confirmant leur rôle central dans le financement de l'économie nationale.
Un écart important avec les autres économies de la sous-région
L'analyse comparative met en évidence l'avance du Cameroun sur ses voisins. Le volume de crédits accordés est plus de deux fois supérieur à celui observé au Gabon, qui représente 22,81 % du marché régional. Il est également près de quatre fois plus élevé que celui du Congo, dont la part atteint 12,86 %.
Derrière ces trois principales économies, les niveaux de financement apparaissent nettement plus modestes. La Guinée équatoriale capte 4,74 % des nouveaux crédits, le Tchad 4,67 %, tandis que la République centrafricaine ne représente que 1,65 % du total régional.
Cette prédominance s'explique notamment par le poids économique du Cameroun dans la Cemac. Le pays abrite près de 40 % du tissu industriel de la communauté et dispose d'un réseau bancaire particulièrement dense. Cette combinaison favorise naturellement une demande de financement plus importante de la part des entreprises, des commerçants et des ménages.
Des taux d'intérêt en hausse mais toujours les plus faibles de la Cemac
Le premier trimestre 2026 a également été marqué par une augmentation du coût du crédit. Les taux débiteurs moyens appliqués par les établissements financiers camerounais ont atteint 9,03 %, contre 8,26 % un an plus tôt.
Cette progression de 77 points de base sur douze mois traduit la tendance observée dans l'ensemble de la zone Cemac, où les conditions de financement se sont globalement durcies. Comparé au trimestre précédent, le taux moyen affiche également une hausse de 65 points de base.
Toutefois, malgré cette augmentation, le Cameroun demeure le marché bancaire le plus compétitif de la sous-région. Le taux moyen pratiqué reste largement inférieur à la moyenne communautaire, estimée à 12,38 %.
Dans les autres pays de la Cemac, les coûts de financement demeurent nettement plus élevés. Les données de la BEAC révèlent notamment des taux moyens de 21,51 % au Gabon et de 17,44 % en Guinée équatoriale. Ces niveaux témoignent des disparités qui persistent entre les différents marchés financiers de la région.
Un leadership qui se confirme
Même confronté à un ralentissement du volume des crédits et à une hausse du coût du financement, le Cameroun conserve une position stratégique dans l'écosystème bancaire de l'Afrique centrale. Son poids économique, la densité de son réseau bancaire et la diversité de ses acteurs économiques continuent d'alimenter une activité de crédit plus soutenue que dans les autres États membres de la Cemac.
Les prochains trimestres permettront d'évaluer si cette baisse des financements constitue un simple ajustement conjoncturel ou le début d'une tendance plus durable. Une chose demeure certaine : le Cameroun reste aujourd'hui le principal centre de gravité du marché du crédit en Afrique centrale.



