
À Yaoundé, le supermarché Sino Mart a rouvert après deux semaines de fermeture liées à des violences contre un employé. Enquête et arrestations en cours.
Après plus de deux semaines volets baissés, le supermarché Sino Mart de Yaoundé a retrouvé son activité. L'enseigne a rouvert ses portes le vendredi 22 mai 2026, mettant fin à une fermeture administrative décidée le 5 mai, en pleine tempête médiatique née d'une vidéo montrant un employé camerounais victime de violences à l'intérieur du magasin.
Une vidéo choc à l'origine de la crise
Tout est parti d'images diffusées massivement sur les réseaux sociaux, où l'on voyait un salarié camerounais du supermarché subir des coups dans l'enceinte même de l'établissement. La diffusion de cette vidéo a déclenché une vague d'indignation à travers le pays, beaucoup de Camerounais y voyant le symbole d'un traitement inacceptable infligé à un travailleur sur son propre lieu de travail. Très vite, l'affaire a dépassé le cadre du fait divers pour devenir un sujet de débat national sur les conditions de travail dans certaines entreprises tenues par des investisseurs étrangers.
Pourquoi les autorités ont fermé le magasin
Face à la montée des tensions et au risque que la situation ne dégénère, les autorités administratives ont pris la décision de fermer temporairement le point de vente dès le 5 mai 2026. Cette mesure, justifiée par la nécessité de prévenir tout débordement et de préserver l'ordre public, a entraîné l'arrêt de l'activité commerciale du supermarché pendant plus de deux semaines, le temps que les choses se calment et que les premières mesures soient prises par les autorités compétentes.
Grégoire Owona monte au créneau pour défendre l’emploi
C'est dans ce contexte tendu que le ministre du Travail et de la Sécurité Sociale, Grégoire Owona, s'est rendu sur les lieux pour s'exprimer publiquement sur l'affaire. Le membre du gouvernement a tenu à rappeler l'importance de protéger les emplois des Camerounais employés dans ce type d'établissement, tout en assurant que cette affaire ne resterait pas sans suite. Il a annoncé que plusieurs suspects avaient été arrêtés à la suite de l'ouverture d'une enquête judiciaire visant à établir précisément les responsabilités dans cette affaire de violences.
Une enquête promise « jusqu'au bout »
Le ministre Owona s'est engagé à ce que la procédure judiciaire suive son cours sans complaisance, affirmant que les responsables de ces actes seraient bel et bien présentés devant la justice. Ce discours ferme visait autant à rassurer l'opinion publique, échaudée par les images de violence, qu'à envoyer un signal clair aux entreprises opérant au Cameroun : le respect des travailleurs camerounais n'est pas négociable, quelle que soit la nationalité de l’employeur.
Le retour à la normale, sous surveillance
Avec sa réouverture, Sino Mart retrouve sa clientèle habituelle, mais l'affaire continue visiblement de planer sur l'image de l'enseigne auprès d'une partie des consommateurs yaoundéens. Cette séquence aura en tout cas mis en lumière les rapports parfois tendus entre certains commerces tenus par des opérateurs étrangers et leur personnel local, un sujet sensible qui refait régulièrement surface dans le débat public camerounais. Reste à savoir si l'enquête annoncée par le ministre du Travail débouchera sur des sanctions concrètes, à la hauteur de l'émotion suscitée par cette affaire.
Ce que cette affaire révèle
Au-delà du cas individuel de Sino Mart, cet épisode rappelle combien la question des conditions de travail dans les commerces de détail reste un terrain sensible au Cameroun, particulièrement lorsque des tensions interculturelles s'y ajoutent. La rapidité avec laquelle les autorités ont réagi, entre fermeture administrative et ouverture d'une enquête judiciaire, illustre aussi la volonté affichée du gouvernement de ne pas laisser ce type de dossier s'enliser. Pour les employés camerounais du secteur, l'affaire Sino Mart pourrait bien rester un cas de référence, et un signal d'alerte pour d'autres établissements tentés de fermer les yeux sur la manière dont leur personnel est traité.



