À Maroua, une nouvelle promesse industrielle se prépare autour de l'arachide
BONI MONTESSORI
27 juillet 2026 à 17h22

Le chantier n'est pas encore achevé, l'inauguration n'a pas encore eu lieu, mais le projet est déjà bien engagé. À Maroua, dans la région de l'Extrême-Nord, une nouvelle unité industrielle se prépare, avec un objectif précis, transformer localement l'arachide, une culture largement répandue dans cette partie du Cameroun, mais encore trop rarement valorisée sur place.
L'ambition de ce futur site consiste à couvrir l'ensemble de la chaîne de transformation de l'arachide, de l'extraction de l'huile à la fabrication de pâte, en passant par les différents produits dérivés que cette légumineuse permet d'obtenir. Une manière, pour Lisette Claudia TAME NJAMBE, d'appliquer à l'Extrême-Nord du pays une méthode déjà éprouvée ailleurs, celle de partir d'une ressource locale abondante pour en faire une industrie capable de créer de la valeur et des emplois sur le territoire même où cette ressource est cultivée.
L'arachide occupe une place particulière dans l'économie agricole de l'Extrême-Nord camerounais. Cultivée par un grand nombre d'exploitations familiales, elle reste pourtant, aujourd'hui, largement écoulée sous forme brute, sans transformation locale significative. L'huile d'arachide consommée dans les foyers camerounais provient ainsi, trop souvent, de circuits qui ne bénéficient pas directement aux producteurs de la région où la culture a pourtant été récoltée.
C'est précisément ce déséquilibre que le futur site de Maroua entend corriger, en rapprochant le lieu de transformation du lieu de production, plutôt que de laisser la valeur ajoutée se créer ailleurs, loin des mains qui ont cultivé la matière première.
Ce projet illustre également une dimension moins visible du travail de Lisette Claudia TAME NJAMBE, celle qui consiste à préparer un site industriel bien avant que la première pierre ne soit posée. Études préalables, choix des équipements, structuration des futurs approvisionnements auprès des producteurs locaux, chaque étape de préparation compte autant que le jour de l'inauguration elle-même, même si elle reste, par nature, moins visible du grand public.
Ce futur projet s'inscrit dans la continuité directe de sa trajectoire. Après Mbankomo et Ngolambélé pour le cacao, après Bangou pour la diversification agroalimentaire portée par DENKY, Maroua marquerait l'entrée d'une quatrième région dans ce réseau industriel en construction, et l'ouverture d'une nouvelle filière jusqu'ici peu transformée localement.
Pour les producteurs d'arachide de la région de l'Extrême-Nord, l'arrivée annoncée de cette unité industrielle représente une perspective concrète, celle de disposer enfin d'un débouché local stable pour leurs récoltes, plutôt que de dépendre uniquement de circuits informels ou de marchés éloignés. Pour les habitants de Maroua et de ses environs, elle porte la promesse de nouveaux emplois directs et indirects, dans une région qui, comme l'Est ou l'Ouest avant elle, ne figurait pas parmi les terrains d'implantation industrielle les plus évidents.
Lisette Claudia TAME NJAMBE ne communique pas encore de date précise pour l'inauguration de ce nouveau site, mais elle en parle déjà avec la même conviction que pour ses précédents projets, celle d'une industrialisation qui doit progresser région après région, jusqu'à ce qu'aucune grande ville camerounaise ne reste à l'écart de cette dynamique. Après le cacao et la diversification agroalimentaire, l'arachide s'apprête à devenir, à son tour, une nouvelle page de cette histoire industrielle qui s'écrit, chantier après chantier, à travers tout le Cameroun.



