Mpox au Cameroun : les autorités rassurent et renforcent la riposte
BONI MONTESSORI
19 février 2026 à 10h00

Face à la recrudescence de la Mpox au Cameroun, le ministre de la Santé publique fait le point sur la situation épidémiologique, les mesures de riposte engagées et les gestes de prévention à adopter pour limiter la propagation du virus.
Mpox au Cameroun : une surveillance renforcée face à une flambée sous contrôle Les autorités sanitaires camerounaises multiplient les efforts pour contenir la résurgence de la Mpox observée dans plusieurs régions du pays. Soucieux d'informer l'opinion publique avec transparence et de lutter contre la circulation de fausses informations, le ministre de la Santé publique a présenté un état détaillé de la situation épidémiologique lors d'un point de presse organisé le 19 février 2026 à Douala.
Cette rencontre avec les médias, tenue à l'Hôpital Laquintinie, visait avant tout à fournir des informations fiables sur l'évolution de la maladie, tout en rassurant les populations sur les capacités de réponse du système de santé national. Le gouvernement entend ainsi privilégier une communication fondée sur les faits, la pédagogie et la responsabilité collective afin d'éviter toute panique inutile.
Une recrudescence surveillée de près depuis novembre 2025
Selon les données présentées par les autorités sanitaires, le Cameroun fait face à une nouvelle vague de Mpox depuis la mi-novembre 2025. Les services de santé ont intensifié leurs activités de surveillance afin d'identifier rapidement les cas suspects et de limiter la propagation du virus.
Au 16 février 2026, plus d'une centaine de cas suspects avaient été signalés puis examinés par les équipes spécialisées. Les investigations menées dans les laboratoires de référence ont permis de confirmer plusieurs infections.
Toutefois, les responsables sanitaires insistent sur un élément particulièrement encourageant : la situation demeure globalement maîtrisée. Un seul cas actif était encore suivi dans la région du Littoral au moment du point de presse. Aucun décès lié à cette flambée n'a été enregistré, une donnée jugée essentielle pour éviter les interprétations alarmistes et rappeler que la majorité des patients ont bénéficié d'une prise en charge adéquate.
Quatre régions concernées par les cas confirmés
Les données communiquées révèlent que plusieurs zones du pays ont signalé des cas positifs. Les régions du Centre, du Littoral, de l'Est et du Sud-Ouest figurent parmi celles ayant enregistré des infections confirmées.
La publication régulière de ces informations répond à une volonté affichée de maintenir un climat de confiance entre les autorités sanitaires et les populations. En rendant publiques les données disponibles ainsi que la répartition géographique des cas, le ministère entend favoriser une meilleure compréhension de la situation tout en limitant les rumeurs susceptibles de créer l'inquiétude.
Cette démarche s'inscrit dans une stratégie de communication qui privilégie la transparence et l'information continue des citoyens.
Une maladie connue mais en constante évolution
Au cours de son intervention, le ministre de la Santé publique a rappelé que la Mpox n'est pas une maladie nouvelle. Identifiée depuis plusieurs décennies, cette infection virale est déjà connue des spécialistes de santé publique et fait l'objet d'une surveillance régulière dans plusieurs pays africains.
Cependant, les connaissances scientifiques récentes montrent une évolution du virus. De nouveaux sous-variants ont été observés dans différentes régions du monde, avec des capacités de transmission interhumaine plus importantes que celles historiquement observées.
Les analyses génomiques réalisées au Cameroun ont confirmé la circulation de certains de ces sous-variants. Néanmoins, les experts soulignent qu'aucun élément ne permet actuellement de conclure à une aggravation significative de la gravité clinique de la maladie dans le contexte national.
Cette vigilance scientifique demeure essentielle afin d'adapter rapidement les stratégies de riposte en fonction de l'évolution du virus.
Une riposte multisectorielle mobilisée
Face à cette situation, les pouvoirs publics ont activé un dispositif de réponse articulé autour de plusieurs axes prioritaires.
La surveillance épidémiologique a été renforcée afin de détecter rapidement les nouveaux cas et de suivre l'évolution de la maladie sur l'ensemble du territoire. Les capacités des laboratoires ont également été consolidées pour améliorer la rapidité et la fiabilité des diagnostics.
Parallèlement, les équipes médicales assurent la prise en charge des personnes infectées tout en maintenant un suivi étroit des personnes ayant été en contact avec des cas confirmés. Cette stratégie permet de réduire les risques de transmission et de casser les chaînes de contamination potentielles.
Les autorités poursuivent également les démarches liées à l'acquisition de vaccins destinés aux populations les plus exposées. Cette mesure s'inscrit dans une approche préventive visant à renforcer la protection des groupes à risque.
L'ensemble de ces actions repose sur une coopération étroite entre plusieurs administrations publiques, les partenaires techniques et les acteurs du système de santé.
Une vigilance maintenue face aux autres menaces sanitaires
Au-delà de la Mpox, le ministère de la Santé publique rappelle que d'autres maladies à potentiel épidémique continuent de faire l'objet d'une surveillance permanente.
La fièvre jaune, la rougeole et la poliomyélite figurent parmi les principales préoccupations des autorités sanitaires. Des campagnes de vaccination sont régulièrement organisées afin de renforcer l'immunisation des populations et de prévenir l'apparition de nouvelles flambées.
Cette approche globale témoigne de la volonté des autorités de consolider durablement la sécurité sanitaire nationale en anticipant les risques liés aux maladies infectieuses.
Les gestes simples qui peuvent faire la différence
Les responsables sanitaires insistent sur le rôle déterminant des comportements individuels dans la prévention des maladies transmissibles.
Les populations sont invitées à adopter des mesures simples mais efficaces : se laver régulièrement les mains, éviter les contacts rapprochés avec des personnes présentant des symptômes suspects, veiller à une bonne préparation des aliments et consulter rapidement une structure de santé en cas de doute.
Les autorités appellent également à éviter toute forme de discrimination envers les personnes touchées par la maladie. Selon les experts, la stigmatisation peut freiner la recherche de soins et compliquer les efforts de contrôle de l'épidémie.
Pour toute question ou besoin d'information complémentaire, un numéro vert reste accessible aux citoyens.
Informer sans inquiéter
À travers cette communication, le gouvernement cherche à transmettre un message clair : la vigilance demeure nécessaire, mais la situation ne justifie ni panique ni spéculation.
Grâce au renforcement de la surveillance, à la mobilisation des professionnels de santé et à l'implication des populations, les autorités estiment disposer des moyens nécessaires pour contenir efficacement la propagation de la Mpox.
La réussite de cette riposte dépendra toutefois de l'engagement collectif. Entre respect des mesures préventives, confiance dans les informations officielles et solidarité envers les personnes affectées, chaque citoyen est appelé à contribuer à la protection de la santé publique et au maintien de la stabilité sanitaire du pays.



