Santé publique : le gouvernement défend ses réformes devant les députés
MICHEL TALLA
20 juin 2026 à 10h00

Lors d’une séance de questions orales à l’Assemblée nationale, le ministre de la Santé publique a présenté les avancées du Cameroun dans la prise en charge de l’insuffisance rénale, la lutte contre les maladies non transmissibles et le renforcement de la sécurité alimentaire.
La santé des populations demeure au cœur des priorités des pouvoirs publics. C’est dans cet esprit que le ministre de la Santé publique a participé, le 19 juin 2026, à une importante séance plénière de questions orales à l’Assemblée nationale. Cet exercice de redevabilité, qui permet aux représentants du peuple d’interroger directement les membres du gouvernement, a été l’occasion de faire le point sur plusieurs préoccupations sanitaires touchant le quotidien des Camerounais.
Face aux interrogations soulevées par plusieurs députés, le responsable de la santé publique a apporté des réponses détaillées concernant l’accès aux soins pour les patients souffrant d’insuffisance rénale chronique, les stratégies de lutte contre les maladies non transmissibles ainsi que les mesures mises en œuvre pour garantir une meilleure sécurité sanitaire des aliments.
Insuffisance rénale : le gouvernement réaffirme sa politique de transparence
La question de la prise en charge des personnes atteintes d’insuffisance rénale chronique a occupé une place importante dans les échanges. Cette pathologie, qui touche un nombre croissant de patients, nécessite souvent des traitements lourds et coûteux, notamment les séances de dialyse.
À ce sujet, le ministre a tenu à rappeler que les établissements sanitaires publics sont soumis à un cadre réglementaire strict en matière de facturation des soins. Selon lui, aucune perception financière non prévue par les textes en vigueur ne saurait être tolérée dans les structures relevant de l’État.
Des clarifications ont également été apportées concernant certains frais parfois évoqués par les usagers. Le membre du gouvernement a expliqué que ces montants concernent généralement des interventions médicales spécifiques indispensables à la préparation du traitement, notamment la mise en place d’une fistule artério-veineuse. Cette procédure constitue une étape préalable essentielle pour permettre l’accès à la dialyse dans des conditions optimales.
Tout en reconnaissant la nécessité d’améliorer continuellement l’accès aux soins spécialisés, le ministre a réaffirmé la détermination des autorités sanitaires à combattre toute pratique contraire aux règles d’éthique et de bonne gouvernance dans les formations sanitaires publiques.
Maladies non transmissibles : une stratégie renforcée face à un défi grandissant
L’autre sujet majeur abordé au cours de cette séance concernait les maladies non transmissibles, dont la progression représente aujourd’hui un défi de santé publique à l’échelle mondiale. Hypertension artérielle, diabète, cancers ou encore maladies cardiovasculaires exercent une pression croissante sur les systèmes de santé.
Pour faire face à cette réalité, le ministère de la Santé publique a engagé plusieurs réformes structurantes. Parmi les actions mises en avant figure le renforcement des programmes de dépistage précoce, considéré comme l’un des moyens les plus efficaces pour réduire les complications liées à ces pathologies.
Le gouvernement travaille également à améliorer la collecte et l’analyse des données sanitaires grâce à des outils numériques modernes. Cette approche vise à disposer d’informations plus fiables afin d’orienter les décisions publiques et d’optimiser les interventions sur le terrain.
Le ministre a par ailleurs souligné le déploiement progressif de la stratégie PEN-Plus, conçue pour améliorer la prise en charge des maladies chroniques sévères au sein des structures sanitaires. Cette initiative s’inscrit dans une vision plus large visant à rapprocher les soins spécialisés des populations et à renforcer les capacités du personnel médical.
En complément de ces actions, les autorités élaborent actuellement un plan stratégique multisectoriel destiné à répondre de manière durable à la coexistence des maladies infectieuses et des maladies chroniques, un phénomène souvent qualifié de « double fardeau épidémiologique ».
Sécurité alimentaire : protéger davantage les consommateurs
La sécurité sanitaire des aliments a également retenu l’attention des parlementaires. Dans un contexte marqué par l’évolution rapide des habitudes de consommation et la multiplication des produits disponibles sur les marchés, la protection des consommateurs demeure un enjeu majeur.
Le ministre a indiqué que les services compétents poursuivent le renforcement des contrôles sur les produits destinés à la consommation. Ces actions concernent aussi bien la surveillance de la qualité des denrées alimentaires que le respect des normes sanitaires par les différents acteurs de la chaîne de production et de distribution.
Parallèlement, le cadre réglementaire continue d’évoluer afin de mieux répondre aux nouveaux défis liés à l’alimentation. L’objectif est de garantir une meilleure protection de la population tout en encourageant des habitudes alimentaires favorables à la santé.
Cette démarche s’inscrit dans une vision globale visant à prévenir certaines maladies liées à une alimentation déséquilibrée et à promouvoir des environnements plus sains pour les citoyens.
Un système de santé plus performant au service des populations
Au terme de son intervention devant la représentation nationale, le ministre de la Santé publique a réaffirmé l’engagement du gouvernement à poursuivre les réformes engagées dans le secteur sanitaire.
L’ambition affichée est de construire un système de santé capable de répondre plus efficacement aux attentes des populations, tout en garantissant une meilleure qualité de prise en charge, davantage d’humanisation des services et une accessibilité accrue aux soins.
À travers les différentes mesures présentées devant les députés, les autorités entendent renforcer la confiance des citoyens dans les institutions sanitaires et accélérer la modernisation du système de santé national. Entre amélioration de la prise en charge des maladies chroniques, renforcement de la prévention et protection accrue des consommateurs, le Cameroun poursuit ainsi ses efforts pour relever les défis sanitaires d’aujourd’hui et de demain.



