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Huile de palme : le Cameroun face au risque de pénurie

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3 juin 2026 à 10h00

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Huile de palme : le Cameroun face au risque de pénurie

Confronté à une baisse de la production nationale d’huile de palme et à la flambée des prix internationaux, le Cameroun prépare des importations massives et des réformes pour sécuriser l’approvisionnement du marché intérieur.

Le Cameroun veut éviter à tout prix une rupture d’approvisionnement en huile de palme. Face à une baisse préoccupante de la production nationale et à la hausse continue des prix sur le marché mondial, les pouvoirs publics ont décidé de réunir l’ensemble des acteurs de la filière afin de définir une stratégie capable de préserver l’équilibre du marché intérieur.

Le 2 juin 2026, une importante concertation s’est tenue au ministère du Commerce sous la conduite du ministre Luc Magloire Mbarga Atangana. Autour de la table se trouvaient les représentants de l’administration publique, les principaux producteurs du secteur, les industriels de la transformation ainsi que la Société Camerounaise de Palmeraies (SOCAPALM). Cette rencontre avait pour objectif d’évaluer l’état réel de la filière et d’identifier les mesures urgentes à mettre en œuvre pour répondre à une situation qui suscite de plus en plus d’inquiétudes.

Une production nationale en forte baisse

Les échanges ont permis de dresser un constat particulièrement préoccupant. Selon les données présentées au cours de la réunion, l’offre nationale d’huile de palme connaît un recul significatif, tombant désormais sous le seuil des 10 000 tonnes disponibles sur le marché.

Cette diminution intervient dans un contexte où la demande reste soutenue. L’huile de palme constitue en effet l’une des matières premières les plus utilisées dans l’alimentation des ménages camerounais. Elle est également indispensable à plusieurs industries locales, notamment celles de la transformation agroalimentaire, de la savonnerie et des produits manufacturés.

La baisse de l’offre nationale exerce ainsi une pression croissante sur les prix et alimente les craintes d’un déséquilibre durable entre l’offre et la demande.

La flambée des prix internationaux accentue les tensions

La situation est d’autant plus complexe que le marché mondial de l’huile de palme traverse lui aussi une période de fortes tensions. Les prix internationaux enregistrent une hausse notable, rendant les approvisionnements extérieurs plus coûteux pour les importateurs.

Cette évolution réduit les marges de manœuvre des opérateurs économiques et risque d’avoir des répercussions directes sur le pouvoir d’achat des consommateurs. Si aucune mesure corrective n’est prise rapidement, le coût de nombreux produits de consommation courante pourrait continuer à augmenter dans les prochains mois.

Pour les autorités camerounaises, il devient donc essentiel d’agir simultanément sur plusieurs leviers afin d’assurer la disponibilité du produit tout en limitant les conséquences économiques pour les ménages.

Le commerce informel dans le viseur

Parmi les difficultés relevées lors de la concertation figure également la persistance des circuits informels de commercialisation. Une partie importante de l’huile produite localement continue d’être écoulée en vrac à travers des canaux peu contrôlés.

Selon les acteurs de la filière, cette situation entraîne plusieurs conséquences négatives. Elle réduit la traçabilité des produits, complique le suivi des volumes réellement commercialisés et prive l’État ainsi que les opérateurs structurés de ressources financières importantes.

Le renforcement de la transparence dans les circuits de distribution apparaît ainsi comme un élément central de la stratégie envisagée pour assainir le marché et améliorer les performances de l’ensemble de la chaîne de valeur.

Des réformes pour relancer durablement la filière

Au-delà des mesures d’urgence, les participants ont convenu de la nécessité d’engager des réformes structurelles destinées à renforcer durablement la production nationale.

Parmi les pistes retenues figure l’augmentation des capacités de production afin de réduire la dépendance du pays aux importations. Les discussions ont également porté sur une meilleure répartition de la valeur créée entre les différents acteurs de la chaîne, depuis les producteurs jusqu’aux industriels.

Les autorités souhaitent par ailleurs améliorer les mécanismes de contrôle et d’évaluation des opérateurs du secteur. L’objectif est de garantir une meilleure organisation de la filière, de renforcer sa compétitivité et d’assurer une gestion plus efficace des ressources disponibles.

La mise en place de systèmes de traçabilité plus performants devrait également permettre de mieux suivre les flux de production et de distribution, tout en renforçant la confiance des consommateurs.

Des importations massives envisagées pour sécuriser le marché

Face à l’urgence de la situation, les acteurs réunis au ministère du Commerce ont reconnu qu’une solution immédiate s’impose pour éviter toute pénurie dans les prochains mois.

Ils ont ainsi validé le principe d’importations importantes d’huile de palme au cours du second semestre 2026. Cette mesure vise à compléter les volumes disponibles sur le marché national et à garantir l’approvisionnement des ménages ainsi que des industries utilisatrices.

Ces importations sont perçues comme une réponse temporaire destinée à stabiliser le marché en attendant que les réformes engagées produisent leurs effets sur la production locale.

Une mobilisation collective pour l’avenir du secteur

Pour assurer le suivi des décisions adoptées, des comités techniques spécialisés seront prochainement mis en place. Leur mission consistera à accompagner la mise en œuvre des réformes, à suivre l’évolution du marché et à renforcer la coordination entre les différents intervenants.

Cette démarche traduit la volonté des autorités de construire une réponse collective à une problématique qui dépasse le seul cadre économique. La filière huile de palme joue un rôle stratégique dans la sécurité alimentaire du Cameroun, la création d’emplois et le développement industriel.

À travers cette mobilisation, le gouvernement espère non seulement éviter une crise d’approvisionnement à court terme, mais également poser les bases d’une filière plus performante, plus transparente et capable de répondre durablement aux besoins croissants du marché national.

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