Santé au Cameroun : partenaires et État renforcent leur alliance
CARINE MAFEU
11 mars 2026 à 10h00

Le Cameroun renforce la coordination avec ses partenaires techniques et financiers pour consolider son système de santé. Lors d'une réunion stratégique présidée par le ministre Manaouda Malachie, plusieurs priorités ont été définies pour améliorer l'accès aux soins, la résilience sanitaire et la couverture santé universelle.
Face aux défis croissants qui pèsent sur les systèmes de santé à travers le monde, le Cameroun mise sur une coopération renforcée avec ses partenaires techniques et financiers pour accélérer la transformation de son secteur sanitaire. C'est dans cette perspective que s'est tenue, le 11 mars 2026 à Yaoundé, la première réunion trimestrielle de coordination des interventions des partenaires du secteur de la santé.
Organisée dans la salle de conférences du ministère de la Santé publique, cette rencontre stratégique a réuni les principaux acteurs nationaux et internationaux engagés dans l'amélioration des services de santé au Cameroun. Présidée par le ministre de la Santé publique, le Dr Manaouda Malachie, elle marque une étape importante dans la volonté des autorités de renforcer l'efficacité, la transparence et la cohérence des interventions menées sur l'ensemble du territoire national.
Une coopération qui porte déjà ses fruits
Dès l'ouverture des travaux, le ministre a salué l'engagement constant des partenaires aux côtés du gouvernement camerounais. Selon lui, les résultats enregistrés au cours des derniers mois démontrent l'importance d'une coordination étroite entre les différents acteurs intervenant dans le secteur de la santé.
L'année écoulée a notamment été marquée par une intense activité de concertation, avec quatorze réunions de coordination organisées afin de favoriser les échanges, harmoniser les stratégies et renforcer la complémentarité des actions.
Cette dynamique collaborative a permis d'obtenir plusieurs avancées significatives. Parmi elles figurent l'amélioration de l'accès aux soins de santé primaires, le renforcement des capacités de réponse aux urgences sanitaires ainsi que la consolidation des acquis de la première phase de la Couverture Santé Universelle (CSU), considérée comme l'un des piliers majeurs de la réforme sanitaire en cours.
Ces progrès témoignent de l'impact positif d'une gouvernance concertée, capable de mobiliser efficacement les ressources et les expertises au service des populations.
Les partenaires réaffirment leur engagement
La rencontre a également donné la parole aux représentants des organisations partenaires présentes. Parmi elles figuraient notamment l'Organisation mondiale de la santé (OMS), le Fonds des Nations unies pour la population (UNFPA), l'UNICEF, Lions Clubs International, Jhpiego, Evidaf, Evidence Action et Sight Savers.
Tous ont exprimé leur volonté de poursuivre leur accompagnement du Cameroun dans ses efforts de modernisation du système de santé. Les partenaires ont insisté sur la nécessité de renforcer davantage les mécanismes de coordination afin de garantir une meilleure visibilité des interventions menées sur le terrain.
L'objectif est de permettre au ministère de disposer d'une cartographie claire et actualisée des projets en cours, facilitant ainsi l'identification des besoins prioritaires, la réduction des chevauchements d'activités et l'utilisation optimale des ressources disponibles.
Un contexte international de plus en plus complexe
Si les progrès réalisés sont encourageants, les responsables du secteur sanitaire restent conscients des défis qui se profilent à l'horizon.
Dans son intervention, le ministre de la Santé publique a rappelé que le contexte international évolue rapidement. Plusieurs partenaires historiques réduisent progressivement leur présence ou réorientent leurs priorités stratégiques, entraînant une diminution progressive des financements extérieurs disponibles pour soutenir les programmes de santé.
À cela s'ajoutent parfois des divergences dans l'alignement des priorités entre les partenaires internationaux et les besoins exprimés au niveau national.
Cette situation impose au Cameroun de développer davantage son autonomie dans le financement et la gestion de son système de santé tout en consolidant les partenariats existants.
Des défis internes toujours présents
Au-delà des contraintes internationales, le pays doit également faire face à plusieurs défis internes majeurs.
Le système sanitaire continue notamment de supporter un double fardeau épidémiologique marqué à la fois par la persistance des maladies infectieuses et la progression des maladies non transmissibles telles que l'hypertension artérielle, le diabète ou certains cancers.
Par ailleurs, les crises sécuritaires qui affectent certaines régions du pays compliquent l'accès aux soins pour des milliers de populations vulnérables. Dans plusieurs localités, les infrastructures sanitaires demeurent insuffisamment équipées pour répondre efficacement aux besoins des communautés.
Ces différents défis rendent indispensable la mise en place d'une stratégie coordonnée et durable visant à renforcer la résilience du système de santé national.
Une feuille de route tournée vers l'avenir
Pour répondre à ces enjeux, le gouvernement a présenté plusieurs axes prioritaires qui guideront les actions des prochaines années.
La Stratégie nationale de développement 2020-2030 (SND30) demeure le cadre de référence pour l'ensemble des interventions. Les autorités entendent également intensifier la mobilisation de ressources innovantes afin de réduire la dépendance aux financements extérieurs.
L'amélioration de la gouvernance, le renforcement de la transparence, le suivi-évaluation rigoureux des projets ainsi que l'optimisation de la coordination entre les acteurs figurent également parmi les priorités identifiées.
L'un des chantiers majeurs annoncés concerne la relance de la cartographie nationale des interventions des partenaires. Cet outil permettra de disposer d'une vision globale des actions déployées dans le pays et de mieux orienter les investissements vers les zones et les populations les plus vulnérables.
La santé mentale parmi les priorités de 2026
Parmi les nouveautés mises en avant lors de cette réunion figure l'intégration plus marquée de la santé mentale dans les priorités nationales.
Longtemps reléguée au second plan dans de nombreux pays africains, la santé mentale est aujourd'hui reconnue comme un enjeu majeur de santé publique. Les autorités souhaitent ainsi renforcer les services dédiés à la prévention, à la prise en charge et à l'accompagnement des personnes confrontées à des troubles psychologiques ou psychiatriques.
Cette orientation traduit une vision plus globale du bien-être des populations et une volonté de construire un système de santé capable de répondre à l'ensemble des besoins sanitaires.
Vers un système de santé plus performant et plus équitable
La première réunion trimestrielle de coordination des partenaires techniques et financiers ouvre ainsi une nouvelle phase dans la coopération sanitaire au Cameroun.
En renforçant la concertation, la transparence et l'alignement des interventions sur les priorités nationales, les autorités espèrent bâtir un système de santé plus résilient, plus équitable et mieux préparé aux défis futurs.
Dans un contexte mondial marqué par l'incertitude financière et les crises sanitaires récurrentes, cette approche collaborative apparaît comme l'un des leviers les plus prometteurs pour garantir aux populations camerounaises un accès durable à des soins de qualité.



