Route Ngaoundéré-Garoua : le chantier avance sur l'axe stratégique
UserMedia
14 avril 2026 à 10h00

La reconstruction de la section Pont Salah-Ouro André sur la route Ngaoundéré-Garoua franchit une nouvelle étape. Ce projet majeur du corridor Douala-N'Djamena vise à renforcer les échanges commerciaux et le développement régional.
Le vaste chantier de reconstruction de la section Pont Salah – Entrée du village Ouro André, longue de 56 kilomètres, enregistre des progrès significatifs. Situé sur l'axe Ngaoundéré-Garoua, l'un des plus importants corridors routiers du Cameroun et d'Afrique centrale, ce projet est considéré comme une infrastructure stratégique pour la mobilité, le commerce et l'intégration sous-régionale.
Au cours de la semaine du 6 au 11 avril 2026, plusieurs avancées majeures ont été constatées sur le terrain. L'entreprise chinoise CFHEC, en charge de l'exécution des travaux, a intensifié ses opérations préliminaires avec une mobilisation accrue des ressources humaines et matérielles. Ces développements témoignent de la volonté des différents acteurs d'accélérer la mise en œuvre d'un projet dont les retombées économiques sont attendues bien au-delà des régions de l'Adamaoua et du Nord.
Une mobilisation renforcée sur le terrain
L'une des évolutions les plus marquantes observées ces derniers jours concerne l'augmentation des effectifs déployés sur le chantier. En plus du personnel d'encadrement et des experts techniques, l'entreprise a mobilisé 87 travailleurs afin de renforcer les opérations préparatoires.
Sur le plan logistique, le dispositif s'étoffe également. Une vingtaine d'engins lourds ainsi que plusieurs véhicules de liaison sont désormais opérationnels pour accompagner les différentes phases du projet.
Cette montée en puissance traduit le passage progressif des études préparatoires vers les futures opérations de construction. Les responsables du projet estiment que cette dynamique permettra de respecter les objectifs fixés dans le calendrier d'exécution.
Des études techniques essentielles en bonne progression
Avant toute intervention lourde sur le terrain, plusieurs études spécialisées doivent être réalisées afin de garantir la qualité et la durabilité des infrastructures.
Les relevés topographiques du terrain naturel ont déjà été achevés. Cette étape fondamentale permet aux ingénieurs de disposer d'une cartographie précise des caractéristiques physiques de la zone concernée.
Parallèlement, les équipes techniques poursuivent l'élaboration des projets d'exécution des terrassements. Ces travaux préparatoires serviront à définir les profils de la future chaussée et à assurer sa conformité aux normes techniques requises.
Les études hydrologiques et hydrauliques se poursuivent également. Elles sont particulièrement importantes dans une région où les phénomènes climatiques peuvent avoir une incidence significative sur la stabilité des infrastructures routières.
Des matériaux déjà identifiés pour accélérer les travaux
Les opérations de reconnaissance des ressources nécessaires à la construction avancent elles aussi à un rythme soutenu.
Sept sites d’emprunt ont déjà été identifiés afin d'assurer l'approvisionnement en matériaux destinés aux terrassements et aux différentes couches de la chaussée.
Dans le même temps, l'installation de la centrale de concassage progresse. Cette infrastructure permettra de produire localement les matériaux nécessaires aux travaux, réduisant ainsi les coûts logistiques et les délais d'approvisionnement.
Des essais géotechniques ont également été effectués sur un site de carrière localisé dans la zone de Gouna. Ces analyses visent à vérifier la qualité des roches destinées à être utilisées dans la construction de la route.
Un maillon essentiel du corridor Douala-N'Djamena
Au-delà de son importance pour les populations locales, la route Ngaoundéré-Garoua constitue un segment stratégique du corridor Douala-N'Djamena, principal axe logistique reliant le Cameroun au Tchad.
Chaque année, ce corridor assure le transit d'un volume considérable de marchandises destinées à l'économie tchadienne. Selon les estimations officielles, près de 350 milliards de francs CFA de produits empruntent annuellement cet itinéraire commercial.
L'amélioration de cette infrastructure est donc perçue comme un facteur essentiel de compétitivité économique pour toute la sous-région. Une route plus performante permettra de réduire les délais de transport, de limiter les coûts logistiques et de renforcer les échanges entre les pays d'Afrique centrale.
Un projet au service du développement inclusif
Les autorités camerounaises présentent cette initiative comme un projet de développement intégré destiné à produire des effets durables sur les territoires traversés.
Au-delà de la reconstruction de la route principale, le programme comprend plusieurs actions connexes visant à améliorer les conditions de vie des populations locales.
Parmi celles-ci figure notamment l'aménagement de quinze kilomètres de voiries urbaines dans plusieurs villes et localités stratégiques, notamment Ngaoundéré, Mbé, Gamba, Gouna et Ngong.
Ces aménagements devraient contribuer à améliorer la circulation urbaine, renforcer l'attractivité économique des centres urbains concernés et faciliter les déplacements quotidiens des habitants.
Soutenir les entreprises et les bassins agricoles
Le projet prévoit également des mesures destinées à renforcer les capacités des acteurs du secteur routier et à soutenir le développement du secteur privé dans les régions concernées.
L'objectif est de créer un environnement plus favorable aux investissements, tout en stimulant la création d’emplois et l'émergence de nouvelles activités économiques.
Par ailleurs, un important volet concerne la réhabilitation des routes de desserte agricole. Ces infrastructures jouent un rôle déterminant dans l'acheminement des productions rurales vers les marchés de consommation.
En améliorant l'accessibilité des bassins agricoles, le projet devrait permettre aux producteurs de mieux écouler leurs récoltes, de réduire les pertes post-récolte et d'augmenter leurs revenus.
Un impact attendu à l'échelle régionale
Pour les partenaires techniques et financiers impliqués dans cette opération, les bénéfices attendus dépassent largement le cadre du transport routier.
Une meilleure connectivité entre les régions de l'Adamaoua et du Nord favorisera les échanges commerciaux, facilitera la circulation des biens et des personnes et renforcera l'intégration économique régionale.
Le projet devrait également améliorer l'accès aux services sociaux, encourager les investissements privés et contribuer à la transformation économique des territoires traversés.
Alors que les travaux préparatoires se poursuivent et que les équipes de CFHEC renforcent leur présence sur le terrain, les attentes restent fortes. Pour de nombreux observateurs, la réussite de cette infrastructure pourrait constituer un tournant majeur dans la modernisation du réseau routier camerounais et dans le développement économique du corridor Douala-N'Djamena, véritable artère commerciale de l'Afrique centrale.



