Hantavirus : le Cameroun active son plan de vigilance sanitaire
UserMedia
15 mai 2025 à 10h00

Face au risque mondial lié au Hantavirus, le Cameroun renforce sa préparation sanitaire. Réunion stratégique, évaluation des capacités hospitalières, surveillance accrue aux frontières et mesures préventives : les autorités anticipent toute éventuelle menace épidémique.
Alors qu'aucun cas de Hantavirus n'a été signalé sur le territoire national, les autorités camerounaises ont décidé d'agir en amont afin d'éviter toute surprise. Dans un contexte international marqué par la multiplication des maladies émergentes, le ministère de la Santé publique multiplie les initiatives pour garantir une réponse rapide et efficace en cas d'apparition de cette infection virale rare.
Le vendredi 15 mai 2026, le ministre de la Santé publique, Dr Malachie Manaouda, a présidé une importante réunion stratégique au Centre de Coordination des Opérations d'Urgence de Santé Publique (CCOUSP). Cette rencontre a permis de faire le point sur le niveau de préparation du système sanitaire national face à une éventuelle introduction du Hantavirus au Cameroun.
Une mobilisation nationale autour de la prévention
Autour de la table se trouvaient plusieurs responsables techniques du ministère, des spécialistes de la surveillance épidémiologique ainsi que des partenaires internationaux engagés dans la gestion des urgences sanitaires, notamment l'Organisation mondiale de la Santé.
L'objectif de cette concertation était d'évaluer les capacités réelles du pays à détecter rapidement une éventuelle menace, à la contenir efficacement et à protéger les populations contre une propagation du virus.
Les participants ont notamment examiné l'état des stocks stratégiques disponibles dans le pays. Les discussions ont porté sur les équipements de protection individuelle, les consommables médicaux, les intrants de laboratoire et les médicaments essentiels susceptibles d'être mobilisés en situation d'urgence.
Des capacités humaines passées au crible
Au-delà des équipements, les autorités sanitaires ont également procédé à une évaluation approfondie des ressources humaines disponibles.
Les équipes de surveillance épidémiologique, les techniciens de laboratoire, les cliniciens spécialisés ainsi que les unités d'intervention rapide ont fait l'objet d'une analyse détaillée. L'objectif est de s'assurer que les personnels déployés sur le terrain disposent des compétences et des moyens nécessaires pour intervenir rapidement en cas d'alerte.
Cette démarche préventive s'inscrit dans la stratégie nationale de renforcement de la sécurité sanitaire, qui repose sur l'anticipation et la réactivité face aux risques de santé publique.
Des recommandations pour renforcer la riposte
Au cours de la réunion, plusieurs actions prioritaires ont été identifiées afin d'améliorer davantage le niveau de préparation du pays.
Parmi les recommandations formulées figurent l'élaboration accélérée des procédures d'acquisition des équipements médicaux nécessaires à une éventuelle riposte, ainsi que l'identification de structures de secours à Yaoundé et à Douala pouvant accueillir des patients nécessitant un isolement ou une prise en charge en réanimation.
Les autorités ont également préconisé une évaluation complète des centrales d'oxygène présentes sur l'ensemble du territoire national. Cette cartographie permettra de mesurer avec précision les capacités existantes et d'anticiper d'éventuels besoins supplémentaires.
Par ailleurs, une concertation élargie devrait prochainement réunir plusieurs acteurs clés, notamment le ministère des Transports, les responsables des principaux hôpitaux de Yaoundé et de Douala, les gestionnaires des ports autonomes de Douala et de Kribi ainsi que les représentants de l'OMS. Cette coordination vise à renforcer les mécanismes de prévention et de gestion d'une éventuelle crise sanitaire.
Vigilance accrue et communication renforcée
Pour le ministre de la Santé publique, la meilleure arme contre les maladies émergentes demeure l'anticipation. Il a ainsi appelé l'ensemble des acteurs concernés à maintenir un haut niveau de vigilance, à accélérer la remontée des informations sanitaires et à renforcer la communication sur les risques auprès des populations.
Cette approche vise à permettre une détection précoce d'éventuels cas suspects tout en favorisant l'adoption des bonnes pratiques de prévention par les citoyens.
Comprendre le Hantavirus
Le Hantavirus est une infection virale rare généralement transmise à l'être humain par des rongeurs sauvages infectés. Le virus peut être présent dans leurs urines, leurs excréments ou leur salive.
La contamination survient le plus souvent lorsqu'une personne inhale des particules contaminées en suspension dans l'air, notamment lors du nettoyage de lieux fermés, peu ventilés ou infestés de rongeurs.
Certaines variantes du virus, dont la souche Andes observée dans certaines régions du monde, peuvent exceptionnellement être transmises d'une personne à une autre après des contacts étroits et prolongés.
Les premiers symptômes ressemblent fréquemment à ceux d'une grippe sévère : forte fièvre, fatigue intense, douleurs musculaires, maux de tête, frissons, nausées et vomissements.
Dans les cas les plus graves, la maladie peut évoluer vers des complications sérieuses telles qu'une insuffisance respiratoire aiguë, une atteinte pulmonaire sévère ou encore des troubles rénaux nécessitant une prise en charge spécialisée.
Prévention : les gestes qui protègent
Les spécialistes rappellent que la prévention demeure essentielle. Les mesures recommandées incluent le lavage régulier des mains, l'élimination des sources d'infestation par les rongeurs, le nettoyage sécurisé des espaces contaminés et le port d'un masque dans les environnements présentant un risque élevé d'exposition.
L'application rigoureuse de ces gestes simples contribue significativement à réduire les risques de contamination.
Aucun cas détecté à ce jour au Cameroun
Les autorités sanitaires se veulent rassurantes : aucun cas de Hantavirus n'a été enregistré au Cameroun jusqu'à présent.
Toutefois, conformément aux principes de précaution et de préparation aux urgences sanitaires, les dispositifs de surveillance ont été renforcés, notamment au niveau des points d'entrée du territoire et des postes-frontières.
Cette mobilisation préventive témoigne de la volonté du gouvernement camerounais de protéger les populations et de consolider les capacités nationales de réponse face aux défis sanitaires émergents. Dans un monde où les épidémies peuvent rapidement franchir les frontières, la préparation demeure un levier essentiel pour préserver la santé publique et garantir la résilience du système sanitaire national.



