Diplômes des sages-femmes : le gouvernement accélère le règlement du dossier à Buea
UserMedia
23 janvier 2026 à 10h00

Formation des sages-femmes au Cameroun : le gouvernement engage une mission d’évaluation à l’Université de Buea pour résoudre le retard dans la délivrance de plus de 400 diplômes et documents académiques.
Le gouvernement camerounais entend apporter une réponse rapide à la situation préoccupante liée à la délivrance des diplômes et autres documents académiques des sages-femmes et maïeuticiens formés sous la supervision académique de l’Université de Buea. Lors d’une visite de travail dans la région du Sud-Ouest, le ministre de la Santé publique a consacré une séance de travail à cette question devenue sensible pour plusieurs centaines de diplômés en attente de reconnaissance officielle de leur parcours académique.
Cette rencontre a réuni les responsables du ministère de la Santé publique et une délégation de l’Université de Buea conduite par son Vice-Chancellor. L’objectif était d’examiner les blocages persistants concernant la délivrance des relevés de notes, attestations de réussite et diplômes indispensables à l’insertion professionnelle des bénéficiaires.
Une situation qui pénalise des centaines de diplômés
Au cœur des échanges figurait le sort de nombreux étudiants ayant achevé leur formation mais ne disposant toujours pas des documents académiques nécessaires pour accéder au marché de l’emploi.
Selon les données présentées au cours de la réunion, près de 319 étudiants issus de plusieurs promotions, allant de 2014-2017 à 2020-2023, restent dans l’attente de leurs documents officiels malgré la complétude de leurs dossiers administratifs.
Cette situation représente un obstacle majeur pour ces jeunes professionnels de santé. Sans diplôme ou attestation de réussite, leur capacité à intégrer les structures sanitaires publiques et privées demeure fortement compromise. Plusieurs opportunités professionnelles, tant au niveau national qu’international, peuvent ainsi leur échapper.
Une convention arrivée à échéance au centre des préoccupations
L’analyse du dossier a également mis en lumière les limites du cadre réglementaire qui encadrait la formation des sages-femmes et maïeuticiens.
En effet, la collaboration entre le ministère de la Santé publique et le ministère de l’Enseignement supérieur reposait sur une convention signée en 2015 puis renouvelée en 2020. Ce dispositif attribuait à l’Université de Buea la responsabilité académique de la formation et de la certification des apprenants.
Toutefois, cette convention est arrivée à expiration en octobre 2020. Les participants à la réunion ont estimé que l’absence de renouvellement formel ainsi que certaines difficultés d’application du texte ont contribué aux dysfonctionnements observés dans le traitement des dossiers académiques.
Cette situation met en évidence la nécessité d’actualiser les mécanismes de coopération entre les différentes administrations impliquées dans la formation du personnel de santé.
Plus de 400 diplômes encore en attente
Les chiffres présentés révèlent l’ampleur du défi à relever.
Au total, 1 919 diplômes avaient été recensés lors du processus de traitement des dossiers. Parmi eux, 1 515 ont effectivement été produits, remis et réceptionnés par leurs bénéficiaires.
Cependant, 404 diplômes restent encore en attente de délivrance, alimentant l’inquiétude des étudiants concernés et de leurs familles.
Ce retard prolongé a progressivement créé un climat de frustration parmi les bénéficiaires, certains estimant avoir rempli toutes les exigences académiques sans pouvoir disposer des documents attestant officiellement de leur qualification.
Des irrégularités relevées dans certains dossiers
L’examen approfondi des cas non résolus a toutefois permis de distinguer plusieurs situations.
Parmi les dossiers toujours en suspens, 85 étudiants ne rempliraient pas les conditions nécessaires à l’obtention du diplôme. Les raisons évoquées concernent notamment des irrégularités académiques, des notes difficiles à retracer ou encore des insuffisances liées au respect du parcours de formation requis.
Ces éléments soulignent l’importance de préserver la rigueur académique et la crédibilité des certifications délivrées dans le secteur de la santé, un domaine où la qualité de la formation demeure un enjeu majeur de sécurité pour les patients.
Une mission d’évaluation annoncée à l’Université de Buea
Afin d’obtenir une vision complète de la situation et d’identifier des solutions durables, le ministre de la Santé publique a annoncé l’envoi d’une mission spéciale d’échanges et d’évaluation.
Placée sous la conduite de l’Inspecteur général des services administratifs du ministère, cette mission effectuera un séjour de travail à l’Université de Buea les 22 et 23 janvier 2026.
Les experts auront pour mandat d’évaluer l’application de l’ancienne convention, d’identifier les causes exactes des retards observés et de proposer des recommandations concrètes pour améliorer le dispositif existant.
Ils devront également se prononcer sur la pertinence de conclure un nouveau cadre de partenariat entre les différentes institutions concernées.
Garantir la qualité de la formation et l’avenir des diplômés
À travers cette initiative, les pouvoirs publics affichent leur volonté de concilier deux impératifs essentiels : préserver l’excellence de la formation des professionnels de santé et garantir les droits des étudiants ayant satisfait aux exigences académiques.
Dans un contexte où le Cameroun poursuit ses efforts pour renforcer son système sanitaire, la disponibilité d’un personnel qualifié et correctement certifié constitue un levier stratégique pour améliorer l’accès aux soins et la qualité des services offerts aux populations.
La résolution rapide de ce dossier apparaît ainsi comme une priorité non seulement pour les diplômés concernés, mais également pour l’ensemble du secteur de la santé. Les conclusions de la mission annoncée à Buea seront particulièrement attendues, car elles pourraient ouvrir la voie à une normalisation durable du processus de certification des sages-femmes et maïeuticiens au Cameroun.



