
Près de 200 experts internationaux réunis à Douala pour repenser la lutte contre le cancer en Afrique. Accès aux soins, couverture santé universelle, prévention et traitements figurent au cœur des discussions.
La lutte contre le cancer franchit une nouvelle étape au Cameroun. Réunis à Douala à l'occasion de la première édition du Congrès international de la Société camerounaise d'oncologie (CISCON I), près de 200 spécialistes venus de plusieurs pays mettent en commun leurs expertises afin de trouver des solutions durables aux défis liés à la prise en charge des cancers sur le continent africain.
Pendant trois jours, du 25 au 27 mars 2026, médecins, chercheurs, universitaires, responsables de santé publique et décideurs institutionnels se penchent sur une problématique devenue incontournable : comment garantir un accès équitable et durable aux soins contre le cancer dans un contexte où la couverture santé universelle reste encore en phase de développement dans de nombreux pays africains ?
Un défi majeur pour les systèmes de santé africains
Face à l'augmentation progressive du nombre de cas de cancers observés en Afrique, les systèmes de santé sont appelés à renforcer leurs capacités de prévention, de diagnostic et de traitement. Cette réalité sanitaire impose une réflexion approfondie sur les mécanismes permettant d'améliorer l'accès aux soins tout en réduisant les charges financières supportées par les patients et leurs familles.
Le thème retenu pour cette première édition du congrès, « Défis de la prise en charge des cancers et couverture santé universelle en Afrique », traduit parfaitement l'ampleur des enjeux. Les participants examinent les obstacles qui freinent encore une prise en charge optimale, notamment l'accès limité aux infrastructures spécialisées, le coût élevé des traitements, les difficultés d'approvisionnement en médicaments et les inégalités territoriales en matière de soins.
Créer une dynamique collective contre le cancer
La cérémonie d'ouverture, présidée par le représentant du Gouverneur de la région du Littoral, a donné le ton d'un rendez-vous scientifique ambitieux. L'objectif est de favoriser le dialogue entre les différentes disciplines médicales et de renforcer la coopération entre les acteurs engagés dans la lutte contre cette maladie.
Au-delà des échanges académiques, cette rencontre vise à bâtir des partenariats solides et à encourager le partage d'expériences entre experts africains et internationaux. Les organisateurs souhaitent ainsi poser les fondations d'une approche plus coordonnée, capable de produire des résultats concrets pour les populations.
Pour les spécialistes présents à Douala, le cancer n'est plus une menace émergente mais une urgence de santé publique qui nécessite des réponses adaptées aux réalités du continent.
Une mobilisation croissante au Cameroun
Selon le professeur Paul Ndom, président du congrès, la tenue de cette rencontre internationale témoigne d'une prise de conscience collective de l'ampleur du phénomène. Le cancer occupe désormais une place importante parmi les préoccupations sanitaires du pays.
Cette mobilisation se traduit notamment par les efforts engagés par les pouvoirs publics, les institutions sanitaires et les partenaires techniques pour améliorer les services de prévention et de traitement. Les visiteurs du congrès peuvent également découvrir les actions menées par le Comité National de Lutte contre le Cancer, qui présente des données, des études et des informations destinées à sensibiliser les participants et le grand public.
Ces initiatives illustrent la volonté croissante des autorités sanitaires de renforcer les dispositifs existants et d'accélérer la mise en œuvre de solutions adaptées aux besoins des patients.
Des recommandations attendues pour transformer les soins
L'un des principaux résultats attendus du congrès concerne l'élaboration de recommandations stratégiques destinées à améliorer durablement la prise en charge des personnes atteintes de cancer.
Les experts réfléchissent notamment aux moyens de :
Faciliter l'accès aux soins oncologiques spécialisés ;
Réduire le coût des traitements pour les patients ;
Renforcer l'équité dans l'accès aux services de santé ;
Améliorer l'approvisionnement en médicaments anticancéreux ;
Optimiser la gestion des traitements et de leurs effets secondaires ;
Développer les programmes de prévention et de sensibilisation.
Une attention particulière est également accordée au diagnostic précoce, considéré comme l'un des leviers les plus efficaces pour augmenter les chances de guérison et réduire la mortalité liée aux cancers.
Vers une feuille de route africaine pour la lutte contre le cancer
Au-delà des recommandations immédiates, les travaux du CISCON I pourraient contribuer à la définition d'une vision à long terme pour la lutte contre le cancer en Afrique.
Les participants envisagent la mise en place d'une feuille de route nationale et régionale alignée sur les objectifs de couverture santé universelle. Une telle stratégie permettrait de coordonner les investissements, de renforcer les capacités des professionnels de santé et d'améliorer l'accès des populations aux services de prévention, de dépistage et de traitement.
Cette démarche s'inscrit dans une perspective globale où chaque citoyen, indépendamment de sa situation économique ou géographique, pourrait bénéficier de soins de qualité face à une maladie qui continue de faire peser un lourd fardeau sur les familles et les systèmes de santé.
Passer des réflexions aux actions concrètes
La première édition du Congrès international de la Société camerounaise d'oncologie marque une étape importante dans la mobilisation contre le cancer en Afrique. Plus qu'un simple rendez-vous scientifique, l'événement se présente comme un véritable laboratoire d'idées destiné à accélérer les réformes nécessaires dans le secteur de la santé.
En réunissant experts, chercheurs et décideurs autour d'une même ambition, Douala envoie un signal fort : celui d'une Afrique déterminée à renforcer sa riposte contre le cancer. Les conclusions attendues de ce congrès pourraient contribuer à améliorer durablement la qualité des soins et, surtout, à sauver davantage de vies dans les années à venir.



